Pourquoi l'Église jeûne avant Noël
L'Église ne célèbre pas une fête sans s'y préparer. Pâques a le Grand Carême, Noël a le Carême de la Nativité, et les fêtes des Apôtres et de la Dormition ont le leur. Jeûner avant une fête, c'est la manière dont l'Église lui fait de la place : le corps s'apaise, la journée comporte plus de silence, et l'attention se tourne vers la prière et vers les personnes.
On l'appelle parfois le Carême de Philippe, parce qu'il commence aussitôt après la fête du saint apôtre Philippe (27 novembre dans le calendrier civil). Son parallèle occidental, l'Avent, est un parent ancien, mais il n'est identique ni par la forme ni par la règle.
Les dates
En 2026, le jeûne commence le 28 novembre et s'achève dans la nuit du 6 janvier, la Liturgie de la Nativité étant célébrée le 7 janvier. Dans le calendrier de l'Église, les mêmes jours vont du 15 novembre au 24 décembre. Il dure 40 jours, le nombre biblique de la préparation.
Les derniers jours du jeûne sont marqués par des offices tournés vers la fête : les dimanches avant la Nativité commémorent les ancêtres du Christ et les pères de l'Ancien Testament, et la veille de la Nativité, le 6 janvier, est un jour strict.
Ce que demande la règle
La règle habituelle exclut la viande, les œufs et les laitages pendant tout le jeûne. Le poisson est permis les samedis et dimanches jusqu'au 2 janvier, ainsi qu'à certaines fêtes comme celle de saint Nicolas. En semaine, la règle est plus stricte, et du 2 au 5 janvier elle l'est encore davantage, sans poisson. La veille, l'Église demande traditionnellement le jeûne le plus strict et, pour ceux qui le peuvent, de ne rien manger jusqu'à la première étoile. Ce qui est exactement permis tel jour de semaine (huile, vin) est indiqué dans la page sur le jeûne et varie un peu selon les traditions.
C'est la règle générale. La pratique diffère selon les paroisses et les familles, et l'Église ne demande pas aux malades, aux personnes âgées, aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes, ni à ceux qui voyagent de l'observer aussi strictement. Le plus important est d'en parler à votre prêtre, de lui demander quelle est votre règle, puis de la tenir fidèlement. Voir la page sur le jeûne de ce site pour la règle de chaque jour.
Ce qui change à l'église
Les offices prennent une autre couleur : les hymnes et les lectures regardent vers la fête et, à partir du 2 janvier (20 décembre dans le calendrier de l'Église), l'Église chante les hymnes de la Pré-fête de la Nativité. Le dimanche avant Noël est le dimanche des Saints Pères. Les sacrements de la Confession et de la Communion sont particulièrement encouragés pendant le jeûne, afin d'arriver à Noël réconcilié et de recevoir l'Eucharistie le jour de la fête.
Le vivre sans perdre l'essentiel
Les Pères sont fermes : le jeûne n'est pas seulement une affaire de nourriture. Si vous renoncez à la viande et que la médisance reste la même, vous êtes passé à côté. Une manière simple de garder le jeûne dans sa juste mesure est d'ajouter quelque chose à ce que l'on retire : une prière quotidienne, une courte lecture des Évangiles, la visite à une personne seule, un don à la paroisse ou à quelqu'un dans le besoin.
Si une règle est trop lourde, mieux vaut une règle plus petite que l'on tient qu'une forte que l'on abandonne dès la deuxième semaine. Commencez par ce qui est possible, et demandez au prêtre de la bénir.


